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Mes lectures, la musique que j'aime, principalement...Quelques trucs sexy aussi (pas vrai, mais ça booste la visibilité du blog! ) ;-)

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37,2° le matin - Philippe Djian - 1985


 

Extrait : "Quand j'ai reçu la sixième lettre de refus d'un éditeur, j'ai compris que mon bouquin serait jamais publié. Mais ça, Betty l'a pas compris. Une fois de plus, elle est restée pendant deux jours sans desserer les dents, le regard sombre, et tout ce que je pouvais lui raconter servait à rien, elle m'écoutait pas. À chaque fois, elle avait remballé mon manuscrit sur-le-champ et l'avait renvoyé à une nouvelle adresse. Comme ça, c'est parfait, je me disais, c'était un peu comme prendre une carte d'abonnement pour la souffrance, boire le poison jusqu'à la lie. Bien sûr, je lui disais pas et mon beau roman continuait à prendre du plomb dans l'aile. Mais je me souciais pas pour lui, je me souciais pour elle. Comme elle avait renoncé à barbouiller tous ces gens-là en rouge, je m'inquiétais de pas la voir recracher la fumée."

Le narrateur, dont on ne connait pas le nom, est une espèce de paumé chargé de l'entretien d'un ensemble de bungalows dans un endroit situé au milieu de nulle part. Ce qui lui plait dans ce boulot, c'est qu'il lui laisse pas mal de temps libre, et qu'il lui permet d'être hébergé à l'oeil.
Un jour, Betty, jeune femme rebelle et passionnée, débarque dans sa vie. A partir de ce moment, plus rien n'existe pour lui que cette nana superbe et un peu fêlée. Un amour fou, pur et dur, physique.
Betty tombe un jour par hasard sur un roman qu'il a écrit sans jamais avoir pensé le faire publier. Dès lors,elle est persuadée que son amoureux est le plus grand écrivain que la terre ait jamais portée et n'a plus qu'une idée en tête: faire accepter ce roman à un éditeur. Mais Betty encaisse mal les refus dont celui-ci fait l'objet, et sa santé psychologique se dégrade peu à peu, le point de non retour étant atteint lorsque, se croyant enceinte, elle découvre qu'il ne s'agissait finalement que d'une fausse alerte.
37,2° le matin, c'est la rencontre de deux êtres aux tempéraments diamétralement opposés: d'un côté le narrateur, désabusé, revenu de tout, se satisfaisant d'une petite vie tranquille agrémentée de bière et de cigarettes. De l'autre, Betty, éternelle insatisfaite, excessive, déséquilibrée. On part d'une passion physique pour petit à petit assister à la lente déchéance psychique de Betty, qui après avoir mis le feu à leur bungalow suite à une dispute avec leur propriétaire, alterne crises de nerfs et périodes de prostration, pour finir par s'arracher un oeil. Elle est alors conduite à l'hôpital où elle est soignée pour sa blessure, mais la médecine est impuissante à guérir son état psychotique. On l'abrutit de médicaments et elle reste étendue sur son lit, inconsciente et complètement détachée de la réalité.
Tout le temps que dure la descente aux enfers de Betty, le narrateur fait tout pour essayer de lui procurer un peu de bonheur, et va même jusqu'à commettre un braquage.

Le livre s'achève sur un ultime acte d'amour, tragique et terrifiant.

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