Mes lectures, la musique que j'aime, principalement...Quelques trucs sexy aussi (pas vrai, mais ça booste la visibilité du blog! ) ;-)
4ème de couverture:
A l'aube du 4 juin 1989, au coeur de la répression brutale des manifestations étudiantes de la place Tienanmen, une jeune femme poète fuit les balles, les chars et les soldats, tentant désespérément de rejoindre l'appartement qu'elle partage avec son amant.
Lorsqu'elle le découvre au lit avec l'épouse dont il a promis de divorcer, elle s'enfuit seule dans le maelström de terreur et de risque qu'est devenu Pékin. Au cours des mois suivants - alors qu'elle est emportée par les souvenirs douloureux du passé et la tourmente du présent - elle subit un changement radical: la libération sexuelle lui semble la seule issue réelle. Mais la trahison et l'asservissement rôdent partout.
Eperdue et lucide, la victime se livrera, nue, aux forces de l'ordre.

L'auteur en quelques mots: Hong Ying est née à Chongging, dans la province de Sichuan, en 1962.
Son père était batelier sur le Yang-Tsé-Kiang et sa mère ouvrière. En février 1989, elle vient à Pékin étudier à l'académie Lu Xun des écrivains. Outre « L'été des trahisons », elle est l'auteur de deux romans, cinq recueils de nouvelles et deux ouvrages de poésie. Elle vit maintenant à Londres.
Dimanche 4 juin 1989: Lin Ying, une jeune poétesse, fuit la place Tienanmen envahie par les soldats. Cadavres déchiquetés, bicyclettes écrabouillées, vrombissement des tanks. La jeune fille a le temps de s'enfuir et court rejoindre son amant qu'elle trouve au lit... avec une femme, sa femme, celle dont il était censé être séparé! Au cours de cet été caniculaire dans un Pékin à feu et à sang, la vie de Lin Ying bascule à tous les niveaux: un amour trahi, une révolution brisée, c'est sur ce double fiasco que débute le roman de Hong Ying.
S'il témoigne des événements sanglants de la place Tienanmen, « L'été des trahisons » est aussi le roman d'une génération marquée par les tragédies. Hong Ying y fustige aussi bien les cadres corrompus du parti, les gérontes en col Mao, que les artistes singeant l'Occident ou les intellectuels pliant trop facilement devant la répression.
Car Lin Ying, elle, ne baissera pas les bras et conjuguera résistance politique et libération sexuelle, jusqu'à son arrestation.
Extrait : (Contexte: lors d'une soirée organisée pour fêter le départ d'un ami pour l'Allemagne, Qi Jun expose une peinture qu'il a « réalisée » et qu'il souhaite offrir à cet ami. Le modèle de cette peinture n'est autre que Lin Ying, qui s'est roulée nue sur le papier après s'être enduit le corps de peinture. Qi Jun décide de réveler que c'est elle qui a posé pour cette oeuvre).
Les gens s'écartent pour le laisser passer. Il va droit à Lin Ying, la prend par la main et la mène jusqu'au tableau. Puis il lui dit de tourner le dos aux invités pour que tout le monde puisse bien faire la comparaison entre l'original et les deux parties qui ressortent le mieux sur la peinture: l'échine et les fesses. Elle lève les bras et lentement tourne sur elle-même.
Toute la pièce défile devant ses yeux. Plus personne ne boit, plus personne ne parle. Ils sont tous là à la regarder, à la déshabiller du regard, à se repaître de ce que la décence veut qu'on dissimule en public. Pourquoi devrais-je me cacher, après tout? Tout a sombré avec le naufrage de la ville. Tout est perdu, la seule chose qui me reste, c'est moi-même. Et je devrais renoncer à cette miette de liberté? A ce dernier droit minuscule qu'il me reste? En quel honneur? Je m'exprime par mon corps et par mon esprit, les deux se complètent, ils sont interactifs. Quelle raison pourrais-je avoir de réprimer ou de craindre l'un des deux?
Qi Jun la prend par la taille et lui murmure à l'oreille:
« Il faudrait que tu te déshabilles. Il n y a que comme ça qu'on arrivera à les convaincre de la puissance de notre art. »